LE FILM DE LA SEMAINE


TOY STORY-5

Pas encore morts, les vieux jouets

Jessie, avec son fidèle cheval Pile-Poil, refuse de baisser les bras face à la nouvelle venue, la tablette Lilypad (©Disney/Pixar).
Jessie, avec son fidèle cheval Pile-Poil, refuse de baisser les bras face à la nouvelle venue, la tablette Lilypad (©Disney/Pixar).

Téléphones portables, tablettes, ordinateurs: comme les adultes, les enfants sont de plus en plus intéressés, fascinés, accaparés par les écrans. Mais malgré cette déloyale concurrence numérique, les jouets traditionnels résistent et refusent de disparaître: c'est le message, volontariste et optimiste –et plutôt sympathique– , de TOY STORY-5 (ce mercredi 17 juin sur les écrans).

Ce 5e film de la saga des studios Pixar marque le grand retour de nos jouets préférés, sept ans après le 4e épisode (2019) qui avait renouvelé l'histoire. On y retrouve la petite Bonnie, à qui Andy, le premier enfant des trois premiers films (1995, 1999, 2010), avait donné ses jouets.

Timide et solitaire

Bonnie a aujourd'hui 8 ans et une imagination débordante qui lui permet d'inventer toutes sortes d'histoires avec ses jouets. Mais elle est timide et solitaire et a du mal à se faire des amies.

Pour pallier ce manque, ses parents lui achètent une tablette connectée, qui lui permet de rentrer en contact permanent avec ses copines du cours de danse. Elles l'invitent à une soirée pyjama mais se moquent d'elle quand elle leur montre ses jouets.

Finis, les jouets?

Bonnie pense alors que ceux-ci sont dépassés et qu'il faut, comme tout le monde, se mettre au numérique, à la tech, aux réseaux sociaux. Finis, les vieux jouets? L'un de ses préférés, Jessie l'adjointe du shérif, ne le voit pas de cet œil.

Avec son cheval Pile-Poil, aidée des traditionnels Woody le cow-boy et Buzz l'Éclair l'astronaute, elle va tout faire pour s'opposer aux nouveaux intrus, d'abord la tablette Lilypad en forme de grenouille, puis trois autres: Rouleau Pote, un appareil d’apprentissage de la propreté; Atlas, un hippopotame parlant équipé d’un GPS; et Snappy, un appareil photo destiné aux jeunes enfants….

Co-fondateur des studios Pixar

"Depuis au moins une décennie, nous déplorons la place de moins en moins importante que les jouets traditionnels occupent dans la vie des enfants. Comme si c’était dépassé d'avoir des jouets dans une chambre où les appareils électroniques règnent en maîtres. Nous en sommes tous témoins, tant dans nos foyers que dans la société", explique le co-réalisateur et co-scénariste, Andrew Stanton, un des co-fondateurs des studios Pixar et auteur des scénarios des quatre précédents TOY STORY.

Chez Pixar, ajoute-t-il, "nous nous sommes alors demandé ce que cela impliquerait pour nos personnages. Nous avons fait de notre mieux pour donner l'impression d'explorer un aspect de leur univers qui méritait d’être abordé depuis longtemps, même si probablement nous n’aurions pas pu le faire plus tôt".

Humour et émotion

La place croissante des écrans et des technologies dans la vie des enfants est bien sûr le thème principal de ce 5e TOY STORY, sans oublier les passages entre les différents âges, les souvenirs, l'amitié et la solidarité, la fidélité. Comme dans les autres épisodes, il y a un mélange constant entre humour et émotion, avec un dernier quart d'heure qui tirera parfois une petite larme aux spectateurs.

Autre signe que les studios Pixar suivent leur époque, pour la première fois dans la saga c'est un personnage féminin qui mène la danse et occupe toute l'histoire: Jessie, toujours doublée en version française par Barbara Rissier. De même Woody et Buzz l'Éclair ont gardé leurs voix originales (Jean-Philippe Puymartin et Richard Darbois).

Doubleurs

Mais, comme c'est la mode depuis plusieurs années, des comédiens célèbres viennent piquer le boulot des doubleurs professionnels (en attendant l'IA?): on retrouve Pierre Niney pour la voix de Fourchette (touchant personnage apparu dans TOY STORY-4) et, parmi les nouveaux venus, Laura Felpin, Jonathan Cohen et Jean-Pascal Zadi pour celles de Lilypad, Rouleau Pote et Atlas.

Ce TOY STORY-5 est une belle réussite, avec un scénario assez ingénieux, riche en rebondissements. Et, après la chanson de Taylor Swift (sur une musique de Randy Newman), il faut laisser défiler le générique de fin pour avoir droit à une dernière surprise, façon AVENGERS…

Jean-Michel Comte

 

LA PHRASE

"Avec un jouet, on peut jouer. Mais avec la tech, on peut tout faire" (Woody, fataliste).

 

TOY STORY-5

(États-Unis, 1h42)

Réalisation: Andrew Stanton et McKenna Harris

(Animation)

(Sortie le 17 juin 2026)


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